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Ateliers de pleine conscience - printemps 2009

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Les ateliers sont limités à 15 participants.

Les ateliers se dérouleront du 14 mars au 9 mai 2009
- de 14 h. à 16.30 h.
- une journée d'activités en silence (dimanche) la 6iè semaine
  en surplus des activités régulières
- relâche le 11 avril (Pâques)

Coût: $150.00 (versés en totalité à Accueil-Sérénité)
          25 heures de cours (au moins)
          Incluant 3 CD et notes

Il est recommandé d'amener avec vous:
- tapis de sol (yoga) ou matelas gonflable
- coussin
- couverture
- papier et crayons

Survol des thèmes hebdomadaires de ce programme

Bien que le contenu du programme de huit semaines ne se limitera pas à la gestion des symptômes dépressifs, le Dr Frédéric Rosenfeld en donne un bon résumé dans son livre. Je reproduis ici ce passage:

 

1. Le pilote automatique


Cette session souligne que notre vie quotidienne est émaillée de moments où nous «  fonctionnons sans réfléchir ». Ce thème est abordé des la première séance afin que les patients réalisent a quel point chacun expérimente le « pilote automatique » plusieurs fois par jour (lorsque nous conduisons, mangeons, nous nous lavons les dents...).


Pour ce faire, l'instructeur propose un exercice contemplatif d'une grande originalité : l'exercice du raisin sec. Lorsque la pleine conscience me fut enseignée par le professeur Philippot durant ma formation en thérapies cognitives, l'enseignant nous fit passer à chacun un grain de raisin sec. Puis, pendant près de dix longues minutes, ii nous délivra les consignes, nous invitant successivement à porter notre attention sur tout ce que notre esprit pouvait concevoir de ce petit objet : d'abord son poids, puis sa teinte, les détails de sa texture, ensuite son odeur, enfin son goût. À la fin de l'exercice, ii apparaissait qu'un geste aussi banal que l'ingestion d'un grain de raisin pouvait prendre une densité et une richesse insoupçonnées, et que nos habitudes nous faisaient passer à côté de cela. Là où la routine nous faisait jeter dans la bouche toute une poignée de grains sans réfléchir, la pleine conscience nous apprenait qu'un seul d'entre eux renfermait tout un cosmos d'expériences sensorielles, émotionnelles, intellectuelles... Cette session toute simple fait prendre conscience, de façon ludique, des moments où nous sommes en pilote automatique, et par différence, d'une activité réalisée en pleine conscience : le simple choix de porter toute son attention sur un acte aussi banal peut modifier radicalement le ressenti que nous en avons.



2. Faire face aux obstacles


Cette session invite à prendre conscience du bruit de fond permanent de nos pensées (le « singe agité » des traditions orientales), qui a tendance à prendre le contrôle de nos émotions et de nos actes sans que nous nous en rendions compte.


Le but est de prendre conscience qu'une même situation peut induire des émotions et des pensées très différentes selon notre humeur. À une émotion donnée, correspondent des pensées et des actions données. Cela est très pertinent pour la rechute dépressive où les pensées négatives apparaissent insidieusement et peuvent représenter un signe annonciateur d'un nouvel épisode dépressif.



3. La pleine conscience de la respiration


À travers un exercice inspire des traditions orientales, nous prenons conscience des dérangements permanents que notre conscience subit lorsque nous lui demandons de rester focalisée sur la respiration. L'objectif est multiple:

- accepter simplement que l'esprit se permette d'errer sur d'autres sujets d'étude que la respiration;

- sans s'autocritiquer si l'on a le sentiment d'échouer l'exercice;

- adopter une attitude de curiosité bienveillante envers les dérives de l'attention.


Cet exercice est aussi l'occasion de travailler sur un symptôme courant et familier au dépressif: la douleur. Durant les 15 minutes de méditation sur la respiration, des désagréments peuvent survenir : fourmis dans les jambes, crampes, etc. L'idée est de prêter simplement attention a ces sensations pour mieux les « voir », sans forcement y réagir par une crispation supplémentaire. Si vous décidez de bouger, tant mieux. Simplement bougez en pleine conscience!


Un autre exercice est propose, familier à ceux qui pratiquent le zen et les différentes écoles de vipassana: la marche en pleine conscience. S'il est une activité automatique, c'est bien la marche. La MBCT propose donc d'en faire l'expérience en démultipliant à l'extrême les mouvements qui la composent. L'attention tout entière se consacre sur les sensations qui habitent les jambes ; elle en perçoit davantage la vie, le jeu subtil des masses musculaires, l'ébranlement de toute la masse du corps, l'évolution silencieuse du centre de gravite au cours de mouvement, le moment où le corps-esprit émet l'intention d'avancer la jambe...


Cet exercice vous plonge dans un état de concentration très intense : il vous ramène dans le présent de vos deux jambes. En même temps, le fil des pensées vagabondes s'estompe, cessant d'emporter ailleurs votre esprit. D'apparence élémentaire, ii vous amarre solidement dans l'ici et le maintenant de vos sensations physiques. Il est particulièrement salubre pour enrayer un état qui peut annoncer ou précipiter une dépression: le sentiment d'être sous pression. Lorsque l'esprit est particulièrement agite, le fait de porter son attention sur un exercice qui implique un mouvement est plus efficace pour « amarrer » le sujet dans l'instant présent, qu'un simple exercice de concentration mentale. C'est la même efficacité que l'on retrouve dans les méditations en mouvement, comme les qi gongs taoIstes, les asanas (postures) du yoga, les katas de nombreux arts martiaux, avec une mention particulière pour les mouvements lents du tai chi.


Vous pouvez tenter de réaliser cet exercice dans la rue. Les créateurs de la MBCT conseillent de le faire dans un lieu où vous ne craignez pas d'être observé. Autrement, vous serez rapidement repéré comme un personnage lunaire dans le style du mime Marceau, déambulant au ralenti, le regard tourné vers l'intérieur et le visage extrêmement concentré...



4. Rester présent


Cette session offre un double enseignement:

- elle vous fait prendre conscience des égarements de l'esprit hors de l'instant présent;

- face a ces errances, vous développez la capacité de vous en arranger en cultivant la stabilité de votre attention.


Il ne s'agit donc pas d'éviter les agitations du mental, mais plutôt de les traverser si elles surviennent, avec dégagement, en évitant le dispersement.


Dans la même session, l'accent est mis sur le repérage des pensées négatives de la dépression, afin d'être plus physionomiste lorsque des signes avant-coureurs se font ressentir. Les critères diagnostiques de cette affection sont également travaillés.



5. Se laisser être - lâcher prise


Dans l'un des exercices de cette session, vous faites volontairement venir à votre esprit une pensée pénible (pensée, souvenir, image...), et vous identifiez dans quelle partie du corps vous la ressentez. Loin de chercher à vous écarter, vous posez sciemment votre attention sur la zone corporelle où la sensation est la plus intense, sans chercher la changer. L'idée est d'être dans un rapport d'acceptation vis-à-vis d'elle, en l'observant simplement. Au lieu de réagir sans accepter, ii s'agit d'accepter sans réagir.



6. Les pensées ne sont pas des faits


Comme son nom l'évoque, cette séance cherche a enseigner que les pensées sont simplement des concrétions de notre esprit. Elles ne sont pas la réalité. Or que nous soyons déprimés ou pas, nous entretenons un nombre limité de pensées automatiques. Plus on les observe en pleine conscience, plus on remarque leur caractère répétitif: elles deviennent des ritournelles. Quand nous nous en rendons compte, elles commencent à perdre leur pouvoir toxique. Des exercices sont proposés pour entrer en relation avec ces pensées et leur offrir des alternatives.



7. Comment puis-je au mieux prendre soin de moi?


Cette séance rappelle que nous avons nos propres signaux d'alarme et que nous pouvons agir quand la dépression devient une réelle menace. Chacun identifie les actions à entreprendre en cas ‘de rechute, l'intérêt du travail en groupe étant que les patients s'aident entre eux.



8. La pleine conscience au quotidien: utiliser les apprentissages pour gérer les humeurs futures


Après un compte rendu de tout ce qui a été appris, cette dernière séance cherche à dynamiser la pratique régulière de la pleine conscience dans la vie quotidienne. L'accent est mis sur toutes les bonnes raisons de la poursuivre, la première étant simplement de prendre soin de soi...


Source: Frédéric Rosenfeld, Méditer, c'est se soigner. Les Arènes, Paris, France, 2007.