Le
Soleil, Pierre Asselin, 2007/01/12, p 8.
passelin@lesoleil.com
Des chercheurs de l’Hôtel-Dieu entreprennent un projet-pilote pour offrir une aide « existentielle »
aux personnes atteintes d’un cancer, pour qui le questionnement cause parfois autant de souffrance que la maladie elle-même.
Plusieurs programmes traitent efficacement la détresse émotionnelle, mais n’abordent
pas la dimension existentielle qui est au centre des préoccupations du malade, explique le Dr Pierre Gagnon, directeur
scientifique de l'équipe de recherche en soins palliatifs de la Maison Michel-Sarrazin.
« On intègre l’humanisme de façon scientifique dans l’oncologie moderne »,
dit-il en entrevue.
L’objectif de la recherche est de voir si une intervention qui aborde la question du « pourquoi
moi » peut contribuer à améliorer la qualité de vie du patient.
Tous les patients qui souffrent d’un cancer non métastatique sont admissibles. Le projet
se déroulera à l’Hôtel-Dieu, où une trentaine de personnes suivront un programme qui comprend 12 rencontres pendant
lesquelles on abordera avec le patient plusieurs dimensions de sa maladie.
« On s’intéresse à la personne, pas à la tumeur », poursuit-il.
Les rencontres permettent d’expliquer les réactions normales d’une personne devant
un stress intense, de leur donner des outils pour gérer
les émotions et les pensées qui ne manquent pas de survenir, explique par ailleurs Lise Fillion, une psychologue
spécialisée dans l’adaptation au cancer et les soins palliatifs.
Certaines
des interventions sont centrées sur la vie individuelle des patients, sur les façons de trouver un sens à sa vie, un
fil conducteur. On aborde le fait qu’on peut même trouver du sens à la souffrance", souligne le Dr Gagnon.
« Notre
expérience auprès des patients nous montre que ces questions les préoccupent. Ils nous disent: “Je suis pris dans
un cancer, ça bouleverse ma vie complètement, ,je ne sais plus quoi faire de ma vie, il faut que vous m'aidiez."
"Ils
se sentent mêlés, ajoute la Dre Fillion. Ce qu’ils avalent l’habitude dé faire quand ça allait mal ne marche plus."
Ils
pensent qu’en soulageant un peu de cette détresse existentielle, le programme peut être une réponse a l’euthanasie
ou au suicide. « Les gens invoquent souvent cette perte de sens pour demander l’euthanasie », dit le Dr Gagnon.
Les
personnes intéressées à participer au projet n’ont qu’à contacter Marie-Anik Robitaille, coordonnatrice de l’étude,
au 525-4444,poste 20692.
Cette
phase-piote vise à tester l’intervention, à évaluer son efficacité et la façon dont elle est appréciée. Par la
suite, l’expérience serait étendue à plusieurs centres de la province et d’ici deux ans, on souhaite
mener une étude pancanadienne.
Déposé
par Claude Fournier, md. le 2007/01/15.